In Memoriam : Archimandrite Luc (Majoros) (1949-2026)
Très tôt le 12 février 2026, l’archimandrite Luc (Majoros) s’est endormi dans le Seigneur à l’hôpital Saint-Vincent d’Ottawa, en Ontario.
L’archimandrite Luc était précédé dans la mort par ses parents. Il laisse dans le deuil sa sœur Klara (Nigel), sa nièce Katleya et son confrère moine Viktor (Eryomin).
Les funérailles d’un moine auront lieu à la cathédrale de l’Annonciation à la Mère de Dieu – Saint-Nicolas (15, rue Eccles, Ottawa, Ontario) le mardi 17 février 2026 à 18 h 30. La cérémonie sera présidée par l’archevêque Irénée (Rochon) d’Ottawa et du Canada et par le doyen, l’archiprêtre James Giggs.
La Divine Liturgie commémorative, suivie d'un bref office commémoratif, aura lieu à la cathédrale de l'Annonciation à la Mère de Dieu-Saint-Nicolas le mercredi 18 février 2026 à 10 h. Les deux offices seront célébrés par l'archevêque Irénée (Rochon) d'Ottawa et du Canada, et par le doyen, l'archiprêtre James Giggs.
Les pompes funèbres Whelan d'Ottawa ont été chargées des arrangements.
L'inhumation aura lieu au printemps au cimetière anglican Saint-James de Maitland, en Ontario. Des sépultures pour trois moines y avaient été acquises plusieurs années auparavant.
Le 4 novembre 1949, Rudolf Majoros naquit à Novi Sad, en Yougoslavie, de Laszlo et Katya Majoros. Ils eurent une fille, Klara. Rudolf était issu d'une famille d'origine hongroise et de langue hongroise ; lui et sa sœur grandirent en parlant couramment le hongrois et le serbe.
Adolescent, il quitta la Yougoslavie avec sa famille et ils émigrèrent à Toronto, en Ontario, au Canada. Son père les avait rejoints un an auparavant.
Rudolf termina ses études secondaires à Toronto.
Il entra ensuite au Collège Saint-Michel de l'Université de Toronto.
Pendant quelques années, il travailla comme steward pour la compagnie aérienne Canadian Pacific Airlines (CPAir). Il s'agissait en fait de son premier emploi stable. Ce travail lui permit de découvrir de nombreuses cultures, puisqu'il travailla sur des vols internationaux.
Lors de ses voyages dans les années 1970, alors qu'il s'arrêtait fréquemment à Vancouver, en Colombie-Britannique, il rencontra celui qui allait devenir son parrain et guide orthodoxe, le professeur Demetrios Economou. C'est lui qui l'amena à se convertir à l'orthodoxie et à recevoir le baptême à l'église orthodoxe grecque Saint-Georges de Vancouver. Il reçut alors le nom de Gabriel. Plus tard, Demetrios permit au jeune Gabriel de se rendre pour la première fois au Mont Athos.
Suite à cette visite, il décida en 1977 de revenir s'installer définitivement au monastère de Chilandar, sur le Mont Athos.
Vers 1980, au monastère de Chilandar, Rudolf Majoros reçut la tonsure de moine du Petit Schéma et prit le nom de Luka (Luc). Cet événement eut lieu le jour de la fête de saint Luc, le 18 octobre/3 novembre.
L'inoubliable Père Luc appartenait à la génération de moines arrivés au monastère d'Hilandar dans les années 1970, aux côtés de feu l'archimandrite Pajsije (Tanasijević) (1957-2003), du hiéromoine Avakum (Medić) (1956-2006), du hiéromoine Gavrilo (Vučković) (1944-2017) et de l'archimandrite Hrizostom (Stolić) (1939-2012), ce dernier étant devenu évêque de Žiča. Un autre de ses contemporains, plus proche en âge, était le moine Andrej (Ćilerdžić), qui devint par la suite évêque de l'Église orthodoxe serbe.
Le père Luc a longtemps œuvré comme archondar (responsable de l'accueil) au monastère d'Hilandar. Il était le plus proche assistant du défunt starets Nikanor (Savic) d'Hilandar (qui fut plus tard canonisé).
Au monastère d'Hilandar, vers 1980, le moine Luka (Majoros) de Hilandar fut ordonné diacre par l'évêque Chrysostomos (Anagnostopoulos) de Rodostolon. Cet évêque du Patriarcat de Constantinople assurait l'archipastorat des monastères du Mont Athos.
En 1985, il retourna au Canada voir sa famille avec le moine Pierre (Vachon).
Par la suite, pour une raison inconnue, il se sentit incapable de retourner au Mont Athos. En janvier 1986, il partit donc pour la Jamaïque, où il vécut pendant environ trois ans. Sa sœur s'y était installée et avait épousé Nigel. Là-bas, il enseigna l'anglais et exerça d'autres métiers.
En 1989, il retourna à Toronto, en Ontario, où il trouva un emploi et fut reçu dans l'Église orthodoxe d'Amérique par l'évêque Séraphim (Storheim) d'Edmonton.
À son arrivée dans l'archidiocèse du Canada et après sa réception, le hiérodiacre Luc (Majoros) fut d'abord affecté à la cathédrale du Christ-Sauveur de Toronto, puis à la cathédrale de l'Annonciation de la Mère de Dieu-Saint-Nicolas d'Ottawa, en Ontario.
Puis, en 1992, avec le moine Pierre (Vachon), il chercha un lieu au Québec pour tenter la vie monastique érémitique. Il vit à l'ermitage de la Protection de la Mère de Dieu à Saint-Eusèbe de Témiscouata, au Québec.
Le 12 mars 2000, lors de la Divine Liturgie célébrée en l'église Saint-Benoît-de-Nursie à Montréal (Québec), l'archidiacre Luc (Majoros) a été ordonné prêtre. Il a été rattaché à la Communauté Monastique de Saint-Séraphim de Sarov, tout en demeurant à Saint-Eusèbe de Témiscouata (Québec).
Par la suite, il a été transféré à la Confrérie Monastique Saint-Silouane du Mont Athos à Johnstown (Ontario). De là, il a exercé son ministère pendant un certain temps à l'église orthodoxe grecque de la Sainte-Trinité à London (Ontario), détaché auprès du métropolite Sotirios (Athanassoulas) de la Métropole orthodoxe grecque de Toronto (Canada).
Enfin, en 2003, il a été envoyé à l'église orthodoxe grecque Saint-Nicolas à Sudbury (Ontario).
Par la suite, il retourna à l’archidiocèse du Canada à la fin de 2006 et devint curé de la paroisse Saint-Grégoire-de-Nysse à Kingston, en Ontario. Durant son ministère à Kingston, il résidait à l’ermitage Saint-Antoine à Westport, en Ontario.
En 2010 et 2011, il reçut du Saint-Synode des évêques la bénédiction de porter la Croix d’or et fut élevé à la dignité d’higoumène.
En 2012, l’higoumène Luc fut relevé de ses fonctions à Kingston et transféré au monastère Saint-Silouane à Johnstown, en Ontario. Il y exerça son ministère à la chapelle Saint-Silouane-l’Athonite et se rendit fréquemment à Potsdam, dans l’État de New York, aux États-Unis, où il contribua à l’essor de la mission Sainte-Olympie.
En 2015, l’higoumène Luc (Majoros) fut élevé à la dignité d’archimandrite par le Saint-Synode des évêques.
En 2016, le monastère Saint-Silouane a fermé ses portes. Le père Luc et un autre moine se sont alors installés à Kilmarnock, en Ontario, où ils ont poursuivi leur mission à l'ermitage de la Protection de la Mère de Dieu. Le père Luc officiait à la chapelle domestique des saints Côme et Damien.
Le père Luc parlait couramment anglais, français, hongrois, serbe et grec.
Fin 2024, en raison de la vente imminente de leur propriété, le père Luc et le père Victor (Eryomin) ont emménagé dans un appartement à Ottawa. Ils priaient chez eux et assistaient aux offices à la cathédrale de l'Annonciation à la Mère de Dieu-Saint-Nicolas et à l'église orthodoxe serbe Saint-Étienne.
En 2025, le père Luc a commencé à se sentir très mal et a suivi divers traitements, qui ont finalement nécessité une intervention chirurgicale. Malgré l’opération, suivie d’une chimiothérapie, l’état de santé du père Luke s’était tellement dégradé que son corps ne pouvait plus supporter le traitement, et il resta hospitalisé pendant une longue période. En février 2026, il fut admis à l’unité de soins palliatifs de l’hôpital Saint-Vincent d’Ottawa.



