| La Divine Liturgie est toujours célébrée par les chrétiens orthodoxes le jour du Seigneur, le dimanche, le jour « après le sabbat » qui symbolise le premier jour de la création et le dernier jour – comme le dit la tradition, le huitième jour – du Royaume de Dieu. C’est le jour de la Résurrection du Christ, le jour du jugement de Dieu et de la victoire prédite par les Prophètes, le jour du Seigneur qui inaugure la présence et la puissance du « Royaume à venir » déjà présent dans la vie de ce monde.
La Divine Liturgie est aussi célébrée par l’Église les jours de fêtes spéciales. Dans les monastères, on la célèbre tous les jours et aussi dans de grandes paroisses et cathédrales, à l’exception des jours de semaine du Grand Carême où elle n’est pas célébré à cause de son caractère pascale.
Comme action commune du peuple de Dieu, la Divine Liturgie ne peut être célébrée qu’une seule fois en un seul jour dans une communauté chrétienne Orthodoxe. Tous les membres de l’Église doivent être rassemblés avec leur pasteur en un lieu en même temps. Ceci inclut aussi les petits enfants et les jeunes, qui participent pleinement à la communion de la liturgie depuis leur entrée en l’Église par le Baptême et la Chrismation. Toujours tout le monde, toujours ensemble. C’est l’expression traditionnelle de L’Église orthodoxe à propos de la Divine Liturgie.
À cause de son caractère commun, la Divine Liturgie ne peut jamais être célébrée en privé par le clergé seul. On ne peut la célébrer pour certains et pas pour d’autres, mais pour tous. On ne peut la célébrer pour des raisons personnelles, ou pour quelque intention spécifique ou exclusive. Il peut y avoir, et c’est souvent le cas, des pétitions spéciales à la Divine Liturgie, pour les malades ou pour les défunts, pour des projets ou besoins particuliers, mais on ne célèbre jamais la liturgie pour des particuliers ou pour des intentions isolées ou des but spécifiques. La Divine Liturgie doit toujours être « au nom de tous et pour tous ».
La raison d’être exclusive de la liturgie étant d’être l’action officielle et tout inclusive de prière, d’adoration, d’enseignement et de communion de toute l’Église au ciel et sur la terre, elle ne peut être considérée comme étant seulement une dévotion parmi d’autres, même la plus importante ou la plus grande. La Divine Liturgie n’est pas un acte de piété personnelle. Elle n’est pas un service de prière. Elle n’est pas seulement un des sacrements. La Divine Liturgie est le sacrement commun de l’être même de l’Église. C’est la manifestation sacramentelle de l’essence de l’Église comme Communauté de Dieu au ciel et sur la terre. C’est l’unique révélation sacramentelle de l’Église comme Corps mystique et Épouse du Christ.
Comme action mystique centrale de toute l’Église, la Divine Liturgie est toujours résurrectionnelle en esprit. Elle est toujours la manifestation du Christ ressuscité à son peuple. Elle est toujours le déversement du Vivifiant Esprit. Elle est toujours communion avec Dieu le Père. La Divine Liturgie n’est jamais triste ni pénitentielle. Elle n’est jamais l’expression des ténèbres et de la mort dans notre monde. Elle est toujours l’expression et l’expérience de la vie éternelle du Royaume de la Bienheureuse Trinité.
La Divine Liturgie célébrée par l’Église Orthodoxe est la liturgie de Saint Jean Chrysostome. Elle est plus courte que celle attribuée à Saint Basile le Grand, qui est seulement célébrée dix fois par année. Ces deux liturgies ont probablement trouvé leur forme actuelle vers le neuvième siècle et il n’est pas certain qu’elles aient été écrites exactement comme elles sont aujourd’hui par les Saints dont elles portent le nom. Il est pourtant sûr que les canons eucharistiques de ces liturgies ont été formulés aussi tôt que le quatrième et le cinquième siècles, époque où ont vécu et œuvré ces saints.
La Divine Liturgie se compose de deux parties principales. La première est le rassemblement, appelée la synaxe. Elle doit ses origines aux rassemblements de la synagogue dans l’Ancien Testament. Elle a comme point centrale la proclamation et la méditation de la parole de Dieu. La seconde partie est le sacrifice eucharistique. Elle tire ses origines dans le culte du temple de l’Ancien Testament, l’offrande sacerdotale du peuple de Dieu, et dans l’évènement salvifique central de l’Ancien Testament, la Pâque.
Dans l’Église du Nouveau Testament Jésus Christ est le Verbe vivant de Dieu, et c’est la bonne nouvelle chrétienne et les écrits apostoliques qui sont proclamés et médités à la première partie de la Liturgie. Dans l’Église du Nouveau Testament, l’évènement central du salut est l’unique, parfait, éternel et autosuffisant sacrifice de Jésus Christ, le seul et unique grand prêtre et qui est aussi l’Agneau de Dieu immolé pour le salut du monde, la nouvelle Pâque. Durant la Divine Liturgie, les fidèles chrétiens participent à l’offrande volontaire du Christ au Père accomplie une fois pour toutes sur la Croix par la puissance du Saint Esprit. En et par cet unique sacrifice du Christ, les fidèles chrétiens reçoivent la Sainte Communion avec Dieu.
Pendant de nombreux siècles, il était coutume d’admettre tous les gens à la première partie de la Divine Liturgie, tout en réservant la seconde partie exclusivement pour ceux qui étaient formellement engagés au Christ par le baptême et la chrismation dans l’Église. Les non-baptisés ne pouvaient pas être présents à l’offrande et à la réception de la Sainte Communion par les fidèles chrétiens. C’est ainsi que la première partie de la liturgie a été appelée Liturgie des catéchumènes, c’est-à-dire de ceux qui se préparaient par l’instruction en la foi chrétienne à devenir membres de l’Église par le baptême et la chrismation. Pour des raisons évidentes elle est aussi appelée Liturgie de la parole. La seconde partie de la Divine Liturgie est appelée la Liturgie des fidèles.
Même si dans la pratique on admet aujourd’hui les chrétiens non orthodoxes et même les non chrétiens à assister à la Liturgie des fidèles dans l’Église orthodoxe, c’est demeuré la pratique de n’admettre à la participation au sacrement de la Sainte Communion que les membres de l’Église orthodoxe qui sont pleinement engagés dans la vie et les enseignements de la foi orthodoxe tels que préservés proclamés et pratiqués par l’Église dans tous les temps.
Dans le commentaire sur la Divine Liturgie qui suit, nous nous concentrerons sur ce qui arrive à l’Église durant son « action commune ». Ce faisant, nous essaieront de pénétrer le sens fondamental et essentiel de la liturgie pour l’homme, pour sa vie et pour son univers. Ce sera un départ définitif de l’interprétation de la Divine Liturgie qui traite le service comme un drame joué par le clergé et «regardé» par les fidèles, durant lequel chaque partie nous fait revivre quelque aspect de la vie et de l’œuvre du Christ (comme par ex. la prothèse représente la Nativité du Christ, la petite entrée le début de son ministère publique, l’évangile, sa prédication, la grande entrée, l’entrée à Jérusalem le jour des rameaux, etc.) Ce dernier genre d’interprétation de la Divine Liturgie est une invention, qui, quoique peut-être intéressante et inspirante pour certains, est néanmoins complètement étrangère au véritable but et sens de la Divine Liturgie de l’Église Orthodoxe. |